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mardi 17 janvier 2012

[Autour du livre] - Les lunettes de Heidegger

Titre original: Heidegger's Glasses

de Thaisa Frank
Parution:
1979
Editeur: Michel Lafon
ISBN: 9782749914015
Nb. de pages:
352 pages

Résumé
Allemagne, 1944. Dans un abri souterrain, une ville reconstituée. Sol pavé peint en rose, ciel artificiel au plafond. Là, pendant que le IIIe Reich est pris entre les feux des Alliés, des prisonniers de guerre polyglottes répondent aux lettres adressées aux détenus des camps de la mort. Dirigé par Elie et Gerhardt, des amants aux motivations ambiguës, ce Cantonnement de scribes a pour but ultime d’empêcher les vivants de découvrir la solution finale. Un jour, une lettre pas comme les autres arrive. Elle est signée de Martin Heidegger, à l’attention de son ami ophtalmologiste, un homme désormais perdu dans les entrailles d’Auschwitz. Ces quelques mots de l’éminent philosophe vont changer à jamais la vie de cette étrange société d’écrivains-fantômes.

Note de l'éditeur

Thaisa Frank a remporté à deux reprises le prestigieux prix littéraire PEN/Faulkner pour ses nouvelles. "Les Lunettes de Heidegger", son premier roman, a pour cadre historique l' "Opération Courrier", une stratégie de propagande inventée par les nazis. La découverte d'une ancienne machine à écrire à Manhattan lui a permis de mettre la lumière sur cette entreprise secrète et a inspiré ce fabuleux roman.

En un mot? Mensonges

Mon avis
Il est toujours intéressant de voir comment un auteur se débrouille pour mêler la fiction à la réalité. Thaisa Franck, l'auteur des Lunettes de Heidegger, réussit plutôt bien ce tour de passe-passe.
Mais j'ai un sentiment mélangé quant au résultat final du livre.

Ce qui est vrai : pendant la deuxième guerre mondiale, les prisonniers étaient contraints à leur arrivée d’écrire une lettre à leurs proches. Ces lettres avaient pour but de dissimuler l'existence des camps de concentration et de rassurer la population.
Ce qui ne l'est pas : les morts attendent une réponse, un cantonnement spécial avait été crée sous l'égide de Goebbels pour leur répondre parce que ce dernier craignait d’être hanté par leur fantôme une fois la guerre finie.

Je vais tout d'abord vous parler des lettres. Tout le long du roman, des lettres sont présentes. Plus l'intrigue se déploie plus leur ton devient sombre. J'ai trouvé qu'elles étaient plus intéressante que le livre ... D'abord presque joyeuses, elles deviennent plus concises et rapides, pressantes. La vraie bonne surprise du livre selon moi.

Si les lettres sont "l’excuse" du livre, les lunettes de Heidegger en sont la trame. Un jour une lettre arrive, Martin Heidegger réclame ses nouvelles lunettes. Que répondre à ce monsieur bien vivant ? D'habitude ils ne répondent qu'aux morts !

Martin Heidegger (allemand) et Asher Englehardt (juif) sont amis bien avant la guerre, Asher fait les lunettes de Martin (il est ophtalmologiste), ils s'écrivent souvent et philosophent sur ce qui leur arrive.
Alors que la guerre fait rage, Heidegger est complètement déconnecté de la réalité, il ne se rend pas vraiment compte de ce qui lui arrive. Asher est quant à lui déporté à Auschwitz, il a donc pleinement conscience de l'horreur dans laquelle il est plongé.
Quand par divers moyens, Heidegger va voir Asher au camp, il veut parler philosophie et s'étonne presque de ne pas avoir encore ses nouvelles lunettes ...

La guerre est là, juste à coté et pourtant on ne la sent pas. Même les scribes ne donnent pas l'impression d'avoir peur. Ils font la fête, mettent des manteaux de fourrures, fument, ils peuvent même sortir dehors et se payent le luxe de ne pas toujours être content de leurs sort. Le tout presque sans surveillance, ils sont libre.

Il y a quand même quelque passages qui m'ont réellement emballée:
- La visite surprise de Mueller, que je qualifierais d'expéditive.
- La découverte de ce qu'il y a dans la terre du passage "secret" dans le cantonnement.
- La description du cantonnement. Ça m'a l'air mignon tout plein ^^

Même si l'auteur réussit à créer un univers qui fonctionne, il manque une part "dramatique" dans ce roman. J'ai une impression d’inachevé, où plutôt de superficialité. Tout est trop facile, les intrigues trop légères, il n'y a pas de passage ou on s’inquiète pour les héros. Je trouve dommage de suivre autant de personnages pour en arriver à la dernière page et se dire qu'il manque quelque chose.

Petites mentions spéciales pour C. des Éditions Michel Lafon ... (merci) et pour la personne qui a fait la mise en page. C'est joli, sobre et l'idée des lettres est fabuleuse !

A lire ou pas? Pourquoi pas, c'est un livre plus "léger" qui parle d'une période assez lourde de l'histoire. Je ne le déconseille pas bien au contraire, il se lit facilement.

  • Histoire: 7/10
  • Imagination, invention: 6.5/10
  • Personnages: 6/10
  • Ambiance générale du livre: 5.5/10
  • Lecture: 7.5/10
  • Présentation générale du livre (couverture, illustration...): 8.5/10
  • Addictivité: 6/10
Ce qui donne: 6.71/10

Source: evene

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