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lundi 24 septembre 2012

[Critique film] - "Expendables 2: unité spéciale" par Fabien Pesty

Aujoud'hui c'est l'auteur Fabien Pesty qui partage avec nous sa critique du film "Expendables 2: unité spéciale" de Simon West . 

Pour découvrir son univers je vous invite à visiter son blog http://stipe.over-blog.com/.


Synopsis
les méchants font un sale coup aux gentils. Les gentils décident de se venger et de foutre sur la gueule des méchants, par le biais de la bagarre. Les gentils gagneront-ils à la fin, ou bien seront-ce les méchants qui perdront ?


Au début, les gentils sont dans un endroit hostile. Un pays qui n'a apparemment pas la télévision, vu qu'une armée d'à peine 50000 hommes, et seulement équipée de pistolets, mitraillettes, pistolets-mitraillettes, chars d'assaut, hélicos, bombes nucléaires, grenades, lance-roquettes, porte-avions et pièges à loups, décide de tenir tête à une bande de mercenaires composée de Stallone, Statham, Jet Li, Dolph Lundgren, un black tatoué qu'on connaît pas trop, et un beau gosse (mais sympa quand même).
Stallone (Rocky 1, Rocky 2, Rocking Chair, Rambo 1, Rambo 2, Rambo et les gendarmettes, Rocky contre Rambo) demande "on va quand même pas y aller les mains dans les poches, on n'a même pas de poches !". C'est pas vraiment une question mais Statham (Snatch et euh… c'est tout) répond quand même "On va prendre une bombe lacrymo, au cas où…".

En fait ils ont des poches, mais elles sont maintenues fermées par un fil provisoire, c'est toujours comme ça sur les vestes neuves et ils le savaient même pas. On se dit que ça commence mal. Pourtant ils vont mettre leur race à cette bande de naïfs qui savent même pas de quoi sont capables Stallone et compagnie : Jet Li (Micmac à Hong Kong, Le chinois a les nerfs, Kung-fu dans ta gueule) distribue des coups de poêles comme Strauss-Kahn cuisine les bonniches, Stallone manucure les mecs jusqu'à l'omoplate, Statham dérouille à tour de gros bras, Lundgren (Rocky 4, Les vikings en folie, Le livreur de chez Ikea) en prend un pour taper sur l'autre, le gros black tatoué (Le gros black tatoué a des ennuis) s'en sort plutôt bien, et le beau gosse éviscère au couteau à huîtres (mais sympa quand même). Une fois qu'ils ont déblayé un peu le terrain et y voient plus clair dans ce milieu hostile, ils vont délivrer Schwarzy qui était dans une sale posture : un sac à patates sur la tête, les mains nouées dans le dos, les deux lacets de chaussures attachés entre eux, et interdiction de tuer les méchants qui le séquestraient. La guigne.


Bon, autant vous le dire tout de suite, les retrouvailles entre Schwarzy et Stallone se passent moyen-moyen. Faut dire qu'ils se sont tiré la bourre dans les années 80-90 par box-office interposé. Ensuite Schwarzy a mal tourné, il est tombé dans la politique jusqu'aux coudes. Pendant qu'il y interprétait son meilleur rôle de méchant, Stallone enchaînait les suites des sagas de Rocky et de Rambo, à raison d'un volet tous les 15 ans.
Donc, les retrouvailles :
"- Ah merde, c'est toi ! Avec le sac à patates sur la tête, je t'avais pris pour Elephant Man. Sans le sac aussi, mais c'est quand t'as commencé à parler que j'ai reconnu ta voix de tata. Dis-donc, t'aurais pas un peu grossi ?
- Et toi, t'aurais pas un peu un fils mort ?"
Bonne ambiance, disais-je.

Néanmoins, on sait comment ça se passe dans ces cas-là : Schwarzy ça lui arrache un peu les poils du nez de l'avouer, mais il assure être redevable envers Stallone. Celui-ci n'en fait rien, "Nan mais c'est bon, t'as vu, …". "J'insiste", insiste l'autre. "Je te dis que tu peux garder la monnaie", se la joue Stallone. Bref, ils font mumuse à "C'est toi qui raccroches le premier, nan c'est toi", puis comme c'est l'heure d'aller mettre sur la gueule à d'autres méchants, ils se claquent la bise ("chez nous c'est quatre") et repartent chacun vers leur destinée qui consiste grosso-modo à sauver les gentils des méchants. En résumé, sauver les USA des chinetoques, cocos, négros et bougnoules. Car dans les films de Stallone et ses potes, le monde se divise en deux parties : les gentils s'étendent de la côté ouest des Etats-Unis à la côte est, et les méchants de la côte est à la côte ouest. Mais en faisant le tour par l'autre côté…

Next mission, donc : aller mettre sa race à des Bulgares nerveux qui se sont mis dans l'idée de piller une mine d'uranium.
"Chef, en fait c'est du plutonium.
- Ah pardon, j'avais cru uranium. Pas grave, c'est pareil".
En effet : plutonium, uranium, on se doute bien que de toute façon c'est pas pour se le faire monter en pied de lampe ou pour caler un meuble. Non, le but manifeste est de faire sauter la planète par simple lubie belliqueuse. Le souci, c'est que par nature le Bulgare n'est pas spécialement salaud. Bien sûr, on le connaît pénible aux feux tricolores, à claudiquer et quémander une pièce, une clope ou ta femme. Mais même en cas de refus il est rare qu'il en arrive, en représailles, à vous balancer Fat Man dans l'habitacle de la bagnole. Au pire c'est un mollard sur le carreau, les amitiés à transmettre à votre mère la pute, et c'est marre. Du coup, pour justifier le fait qu'on demande à Stallone et sa fanfare d'aller mettre sur la gueule aux gentils bulgares (alors que Hortefeux et Valls auraient suffit), on utilise la bonne vieille méthode de la vengeance : à peine sont-ils arrivés en Albanie
"Attendez, chef, c'est Bulgarie ou Albanie ?
- Ben c'est la même chose. Bulgarie se dit "Albanie" en roumain, c'est pour ça.
- Ah d'accord, je savais pas".

Donc, à peine débarqués en Albanie, ils se voient contraints d'être très peinés de la perte d'un des leurs par mort violente via objet contondant dans le cœur. Et pour bien appuyer le caractère dégueulasse de la chose, on fait appel à une autre nation hyper belliqueuse : la Belgique. Car oui, quand c'est pour chanter "Le plat pays" ou dessiner Tintin avec sa houppette et ses souliers vernis, y'a sympathie, bonne ambiance et accent rigolo. Mais c'est vite oublier que c'est le pays de (cette partie du texte n'est pas validez par le 102, pour la lire, mettez le texte en surbrillance ---->) Marc Dutroux et de Salvatore Adamo ! Le premier n'ayant pas passé le casting (bien qu'ayant couché avec le fils du producteur), et le second étant retenu sur le tournage de l'émission "Les années wap-doo-wap" présentée par Patrick Sébastien, c'est à Jean-Claude Van Damne que revient l'honneur de représenter la fameuse cruauté belge. Il va donc, en sa qualité de roi des salopards, liquider le plus gentil de la bande à Stallone. Ah ça, ça fait déjà moins marrer que ses aphorismes bilingues le samedi soir chez Arthur ! Sans compter que pour exploiter la mine de plutonium, il réquisitionne tous les hommes du village albanais, dont les enfants. Tiens gamin, goûte, c'est du belge !
Bon, là Stallone il commence à plus rien piger. Il dit "attendez, les Bulgares albanais, c'est les gentils ou les méchants" ?". Ben oui, parce que lui on l'envoie en Albanie pour casser des dents, il se dit "bon ben faut taper sur les Albaniens !". Oui mais là non, en fait c'est pas eux les méchants, eux c'est les victimes de la bande à Van Damne, des Américains de la banlieue de Zeebruges. Et c'est sur eux qu'il faut taper !


"Ah ben dis donc, vous avez bien fait de le dire, parce qu'avec mes potes gentils ont s'apprêtait à violer les femmes albanaises et à mettre le feu à leurs enfants !". C'est vrai que, pour sa défense, les Albanais ont vraiment des têtes de Bulgares, donc de méchants. Et puis on est quand même en milieu barbare, les gens ne portent pas un badge "gentil" ou "méchant" pour se distinguer. Mais une fois qu'il a bien refait les équipes ("nous on est avec ceux-là, et on cogne sur ceux-là"), il établit une bonne idée. Il convoque tous ses potes autour de la table et leur dresse un plan sur la nappe en papier de la pizzéria, en utilisant la salière pour matérialiser la mine de plutonium, la bouteille de pili-pili pour faire leur camion, et des boulettes de pain pour balancer sur Statham qui s'endormait. "Bon les gars, y'a grabuge ! JCVD et ses méchants sont vraiment belliqueux. Ils ont tué notre gentil copain et maintenant ils s'en prennent à un village d'orphelins et leurs parents. Au fait, je vous ai dit qu'en vérité les Albanais c'était les gentils ? Nan parce que moi au début j'avais cru que c'était les méchants, alors que pas du tout, c'est pour ça que je préfère vous le dire. Merde, je disais quoi ? Ah oui, je me suis dit que comme plan de sympa, on pourrait faire appel à Chuck Norris, Bruce Willis, Schwarzy et des armes mortelles, et qu'on pourrait leur foutre sur la gueule. Z'en pensez quoi ?". Z'en pensent qu'ils sont d'accord avec le chef, et ils adoptent cette résolution à l'unanimité, sauf les voix des Russes et des Chinois.
Alors là c'est parti, ils déboulent dans la mine et rétablissent l'ordre, et pis pas qu'un peu ! Pas avec des façons de dentelières ou des politesses inutiles : ils dégomment tous les belliqueux comme à la foire, gagnent une bouteille de mousseux, et pendant qu'ils sont chauds ils signent en quatre exemplaires (dont un à conserver) le contrat pour Expendables 3 dont le casting s'annonce encore plus alléchant. On parle du Dr Petiot et de Laurence Boccolini dans le rôle de méchants, de Michel Drucker et Pascal le Grand Frère dans le rôle des gentils. 

Moi j'dis, c'est encore pas sûr que ce soit les gentils qui perdent…

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